Dead Drops : réseau de partage hors ligne, réappropriation techno et cybersécurité. Carte, 2300 spots, 75 To. Découvrez comment en profiter.
La véritable problématique concerne la confiance : un dispositif USB accessible publiquement représente l’antithèse d’un environnement sécurisé et maîtrisé.
De fait.
Et en plus de la confiance l’autre vrai gros souci que le système pointe du doigt c’est… la tolérance. Et je veux bien parier, que c’est une chose qui agace certains libristes plus que tout.
Car un accès libre (et non-fliqué) à un support de stockage implique mécaniquement la possibilité… j’ai failli écrire ‘le risque’ mais c’est pas un risque du tout, c’est un composant à part entière du projet… la possibilité, donc, de laisser n’importe qui y déposer du contenu que, soi-même, on aurait jamais choisi de partager, ou même du contenu avec lequel on serait en total désaccord.
Cochonneries pornographiques ou idéologiques, contenus illégaux, etc.
Au fond, c’est le principe même de la liberté d’expression qui est rappelé avec ces petites clés offertes sans contrôle :
La liberté, ce n’est pas ce que moi, la personne qui dépose la première une clé quelque part, je décide qu’elle a le droit d’être. La liberté, c’est ce que la foule des autres utilisateurs de cette clé décide qu’elle est… que je sois d’accord avec leur définition, ou pas.
Une fois partagée, je ne suis plus maître de cette clé, ni de son contenu, ni de l’usage qui en sera fait. Encore moins ai-je la maîtrise de contrôler qui pourrait contribuer un autre contenu.
A mes yeux, c’est à un excellent projet… car il dépouille son auteur de tout pouvoir de décision sur ce qu’il a initié. Un peu comme la GPL dépouille le développeur de tout pouvoir sur son code informatique du moins si j’ai bien pigé (j’espère que oui, parce que c’est ma principale motivation pour avoir adopté le logiciel Libre: la philosophie GNU, ce choix de renoncer au contrôle)
C’est une approche immorale oupeut-être amorale, car elle empêche quiconque d’imposer sa propre morale comme une morale universelle. Morale étant à entendre dans le sens de capacité à distinguer le bien du mal.
Bref, c’est pas tout mais je dois aller préparer le déjeuner.
C’est quand même contrôlable (et tant mieux à mon avis). Pas aussi efficacement qu’avec un algorithme automatisé, mais il suffit au/à la/aux gestionnaire(s) du point de vérifier ce qui est sur la clef régulièrement, et de supprimer les contenus qu’iel(s) refuse d’aider à partager. C’est peu viable si ce système devient utilisé à haute fréquence, mais j’imagine que vu le caractère très underground de la chose, se connecter une fois par jour suffit largement à empêcher qu’une chose qu’on ne veut pas voir partagé ne le soit effectivement pas. Si c’est une petite asso qui gère le point, c’est tout à fait faisable.
Je dis tant mieux parce qu’organiser un point où est hébergée, pour donner un exemple qu’on a toustes en tête, de la pédopornographie, c’est être complice des pédophiles. Je crois que si on se donne la mission de partager des données, mission que personne ne nous force à prendre, on doit prendre une certaine responsabilité avec. Dans une mesure raisonnable évidemment, il s’agit pas d’être extrémiste dans l’autre sens, mais on peut pas simplement se laver les mains au nom de la liberté.
Et c’est vrai plus généralement : si on veut une société libre, il faut accepter individuellement d’être responsables. L’ordre sans le pouvoir, en d’autres termes.
Oui. Ce que je disais, apparemment pas assez clairement : il s’agit d’accepter de ne plus être, soi seul, à décider (je me cite) :
La liberté, ce n’est pas ce que moi, la personne qui dépose la première une clé quelque part, je décide qu’elle a le droit d’être. La liberté, c’est ce que la foule des autres utilisateurs de cette clé décide qu’elle est.
Car il y aura toujours une décision et des limites.
Comme tu les remarques, ne pas contrôler crée un risque réel, difficilement gérable à mon avis. Pas besoin d’évoquer le problème des pédophiles pour s’en persuader (nos élu(e)s abusent déjà bien assez de cet argument foireux, je préfère le leur laisser).
Donc pour essayer d’être plus clair : il est certain qu’un groupe imposera toujours ses propres limites, d’une manière ou d’une autre. Mais, dans un système sans contrôle rigide, ces limites ne peuvent plus être celles d’une seule personne, ni celles d’un groupe restreint au sein du groupe. Aussi, elles ne sont plus figées.
Mécaniquement, dans un tel système, peu importe les efforts pour l’empêcher les limites se fixeront en accord avec la volonté générale de l’ensemble des membres du groupe, une sorte de moyenne donc. Et en tant que telles, ces limites purement factuelles (plus de Vérité, plus de Bien ou de Mal, etc.) seront aussi susceptibles de pouvoir plus facilement changer dans la durée, en fonction de l’évolution de la population qui compose le groupe.
Comment imposer des limites dans un système sans contrôle, alors ? Les outils ne manquent pas. Pour (trop) résumer :
- En interne. L’éducation, qui prend bien des formes (école, tabous, usages,…). Par exemple encore, en prônant certaines valeurs morales et sociétales très fortes et très directives de manière à ce que les membres de ce groupe les internalisent et ne puissent même pas envisager que d’autres choix sont possibles, les exemples ne manquant pas un peu partout sur la planète, et pas forcément à l’autre bout du monde d’ailleurs.
- De façon externe. Limiter l’accès au contenu d’une manière ou d’une autre. Par exemple la digital-ID pour accéder aux sites de fesses et de nichons… et bientôt également pour avoir le droit de s’exprimer publiquement en ligne, avec ou sans ses fesses ou ses nichons. Mais un des exemples les plus stimulants, ici en Occident du moins, c’est le filtrage par l’argent (prix d’entrée et/ou taxes et amandes variées quand on en respecte les règles).
- Et si rien ne marche, il reste la troisième option : détruire l’objet qui résiste aux tentatives de le contrôler. Les exemples ne manquent pas, hélas… mais je suis déjà bien trop long comme ça ;)
J’adore le concept ! Par contre le site geeek.org est visiblement fait par quelqu’un qui génère tout avec chatgpt, images et textes, c’est cracra 🫣





